Chargement Évènements

« Tous les Évènements

Première journée de formation commune : Aborder l’interculturalité

28 janvier 2027

Aborder l’interculturalité : transferts, transformations et enjeux épistémologiques
Première journée de formation commune de l’ED4 HISTAR

Cliquez ici pour consulter l’appel à contributions

 

Il y a peu de sujets en histoire, en histoire de l’art et en archéologie qui n’impliquent, sous une forme ou sous une autre, des questions liées aux contacts et aux échanges interculturels. Qu’on étudie les processus d’urbanisation dans l’Empire romain, les pratiques commensales dans le monde celte, l’art de la Renaissance aux Pays-Bas ou encore l’émergence des États nationaux dans les anciennes colonies occidentales d’Afrique, on se trouve face à des phénomènes de circulation de formes matérielles, de personnes, d’idées et de pratiques entre différents milieux culturels.

Pendant très longtemps, notre compréhension de tels phénomènes a été conditionnée par des approches évolutionnistes, diffusionnistes et largement eurocentriques, qui supposaient des processus d’assimilation et d’acculturation des cultures « primitives » par des cultures « civilisées », une distinction parfois (re)formulée, de manière plus implicite, en termes de « périphérie » et de « centre ». Si de telles approches sont loin d’avoir disparu de la recherche, de nouvelles manières d’analyser les échanges interculturels sont apparues avec l’émergence des études postcoloniales et des études de globalisation. Celles-ci ont bien démontré que les échanges interculturels sont généralement mutuels, même quand ils sont asymétriques, et qu’ils impliquent toujours des processus actifs de négociation, de sélection, d’adaptation et d’intégration, qui peuvent, selon les cas, aboutir à l’émergence de systèmes culturels hybrides, voire ne provoquer aucun changement culturel. Les études de globalisation insistent particulièrement sur le principe du « décentrement », qui connaît d’importantes implications méthodologiques (diversification des sources, croisement des perspectives et adoption de multiples échelles d’analyse, du local au macrorégional).

Dans le cadre de cette journée de formation commune, les doctorant.e.s sont invité.e.s à aborder des cas ou situations de transferts interculturels, que ceux-ci portent sur des formes matérielles, des styles ou encore des pratiques. Il est souhaité qu’un accent particulier soit placé sur le contexte, les modalités et la durée des contacts qui ont mené à des transferts entre cultures, ainsi que sur l’impact de ceux-ci sur les cultures réceptrices. Un premier objectif sera de mettre en avant la variété des processus et des résultats des échanges interculturels dans différents contextes géographiques et chronologiques. En même temps, la journée visera à remettre en question les approches sous-tendues par des notions de supériorité culturelle et d’imitation passive, en privilégiant des concepts tels que la réinterprétation, la glocalisation ou encore l’appropriation active. Des réflexions et des partages d’expérience sur les enjeux épistémologiques et méthodologiques des approches de l’interculturalité sont également bienvenus.

Les doctorant.es qui souhaitent soumettre une proposition de communication (titre et résumé de maximum une page) peuvent l’adresser à philippe.desmette@uclouvain.be pour le 22 novembre 2026 au plus tard.